19 juillet 2009
Romains 8.31-39
Pasteur Louis Bourque
1. Introduction
Sur un site internet intitulé « Débat politique », un sondage a été opéré à
l’automne 2008 qui posait la question suivante : « Êtes-vous confiant pour
l'avenir ? »
Oui 35 %
Non 65 %
Si j’avais à vous poser les questions suivantes, que répondriez-vous ?
« Avez-vous confiance dans l’éternité ? »
« Avez-vous la complète certitude que vous serez avec Dieu pour l’éternité
malgré vos manquements, votre désobéissance, vos erreurs, votre tiédeur ? »
L’insécurité éternelle préoccupe beaucoup de chrétiens.
À vrai dire, cela préoccupe la majorité des religions, car la grande majorité des
religions croit à un salut conditionnel.
Ce phénomène n’est pas nouveau.
Ou encore, d’autres chrétiens fondent leur sécurité sur la mauvaise fondation.
Ils ont l’assurance qu’ils iront au ciel parce qu’ils jugent qu’ils ont fait une bonne
vie.
Ils croient que par leur fidélité ou leurs oeuvres, les portes du ciel s’ouvriront.
Dans notre texte, Paul nous donne toutes les raisons d'être confiants.
Nous ne devons pas bâtir notre confiance ou notre insécurité sur nous-mêmes,
mais sur notre salut et dans le Dieu souverain à qui nous appartenons.
Écoutez bien les paroles de l’apôtre qui offre aux enfants de Dieu de l'espoir et
de la confiance au milieu d'un monde déchu.
Pour tous les croyants, ces paroles sont encourageantes et réconfortantes.
2. Contexte éloigné
L’apôtre Paul a fait face à beaucoup de critiques. On l’accusait d’être un
hérétique.
Même au travers les premiers chapitres de Romains, Paul a défendu la justice de
Dieu.
Encore aujourd’hui, Paul répond à ceux qui voudraient troubler les chrétiens face
à leur avenir éternel.
Dans cette dernière section du chapitre et d’une partie du livre, Paul termine avec
une conclusion indiscutable sur la sécurité du croyant.
En accord avec tout le contexte, Paul affirme haut et fort : « Dieu est pour
nous ! »
Dieu est de notre bord !
3. Contexte rapproché (verset 31)
Comme je l’ai mentionné, ce passage est une conclusion.
Ces versets sont les derniers versets de l'argumentation de Paul depuis
Romains 5 sur les implications de la justification dans la vie du croyant.
À partir de Romains 9, Paul débute une nouvelle section sur la justice de Dieu
envers Israël.
Le texte est construit sur une série de questions / réponses.
Ce style grammatical a déjà été utilisé plusieurs fois dans l’épitre.
Les théologiens hébreux avaient l’habitude d’utiliser ce style lors de discussions
sur les vérités divines.
Jésus aussi a utilisé ce style.
Ainsi, ce passage constitue un crescendo de questions et de réponses sur des
sujets que certains objecteurs sont encore susceptibles de soulever.
Paul poursuit son argument à la défense de l'assurance.
Au travers cette conclusion, Paul inclura tout ce qui peut faire opposition aux
croyants et qui voudrait ébranler l’assurance du croyant; que ce soit le péché, les
accusations, les condamnations, les persécutions, l’oppression diabolique ou
encore le jugement.
Aucun de ces éléments ne pourrait ébranler la sécurité du chrétien.
Car la croix de Jésus-Christ est le fondement de notre délivrance et de notre
assurance.
L'amour de Dieu pour nous est manifesté dans cette croix.
Notre justification a été obtenue à la croix.
Ainsi, notre confiance est fondée sur la grâce de Dieu et sur la croix de Christ.
C'est pourquoi ce passage a beaucoup plus qu’une saveur apologétique; il
constitue aussi une déclaration presque poétique de gratitude pour la grâce de
Dieu, dans laquelle les enfants de Dieu vivront et se réjouiront pour toute
l'éternité.
4. Que dirons-nous à l’égard de ces choses ? (verset 31)
Paul introduit sa conclusion par une première question : « Que dirons-nous à
l’égard de ces choses ? »
À « quelles choses » Paul fait-il référence ?
Étant donné que c’est une conclusion, il fait référence à tout ce qu’il vient
d’enseigner dans le chapitre huit.
Il avait introduit le chapitre huit avec « aucune condamnation ».
Et il termine au verset 39 avec « aucune séparation ».
Après avoir enseigné des vérités mirobolantes, parfois difficiles à croire, il veut
rassurer les croyants.
Il veut leur communiquer qu’ils sont en parfaite sécurité dans la main de Jésus.
Ceux qui voudraient les faire douter de leur salut sont totalement en dehors de la
vérité de Dieu.
5. Les adversaires de l’assurance
Paul veut rassurer les croyants, mais il veut aussi fermer la bouche aux
adversaires de l’Évangile de la grâce.
C’est pourquoi, au travers cette conclusion, il dressera une série d’objections
pouvant s’adresser à toutes sortes d’adversaires.
Ce n’est pas pour rien qu’il introduit par sa première question : « qui sera contre
nous ? »
Ils sont nombreux ceux qui sont contre l’Évangile de la grâce.
· Ceux qui accusent;
· ceux qui condamnent;
· ceux qui persécutent;
· ceux qui nous abusent;
· ceux qui sont invisibles.
Malgré leur nombre, malgré leur intensité, malgré leurs stratégies, Paul répond,
« si Dieu est pour nous, qui sera contre nous ? »
Et le « pour nous », inclut tous les croyants, les élus, les enfants de Dieu.
Ce n’est pas surprenant qu’il utilise les deux pronoms « nous » et « nos ».
Ce passage parle de nous.
Transition :
« Pour affermir les croyants et pour répondre aux adversaires de l’Évangile
de la grâce, Paul posera quatre questions afin de fortifier notre assurance
éternelle. »
I. Qui peut être contre les croyants ? (verset 31b-32)
La première question que Paul soulève pour nous affermir et répondre aux
adversaires de la grâce est celle-ci : « Qui peut être contre les croyants ? »
1. Dieu est pour nous
Paul répond à la première question : « Dieu est pour nous ! »
La majorité des religions dans le monde ne présente pas Dieu comme favorable
aux hommes.
Il est présenté comme un dieu difficile, colérique et pénible à satisfaire.
Même si Paul utilise le conditionnel, ce n’est pas dans le sens qu’il peut être
contre le croyant.
L’on pourrait traduire ainsi : « Puisque Dieu est pour nous » ou « parce que Dieu
est pour nous. »
Dieu est pour nous.
Dieu est pour les croyants.
Dieu est sur le bord des croyants.
Dieu est dans le camp, dans l’équipe, du côté des croyants.
Après avoir expliqué qu’il n’y a plus de condamnation; après avoir prouvé que
toute chose concoure à notre bien; après avoir démontré que nous sommes élus,
pré connu, prédestinés, Paul affirme que nous sommes avec Dieu éternellement.
Dieu n'est pas neutre envers nous.
À cause de Jésus Christ, la question est réglée une fois pour toutes.
Tout ce que Dieu est, tout ce que Dieu a et tout ce que Dieu fait, il nous en fait
part.
Même lorsqu’il semble agir contre nous, si nous pouvions seulement regarder
derrière le voile, même dans ces occasions, nous comprendrions que Dieu est
pour nous et il fait toute chose pour notre bien.
Avoir Dieu avec nous élimine automatiquement toute forme d’adversité.
Avoir Dieu avec nous rend notre équipe imbattable.
C’est un peu comme lorsque vous étiez jeunes et qu’avec un groupe d’amis vous
décidiez de former deux équipes pour jouer à un sport quelconque.
Chaque chef d’équipe cherchait toujours à choisir le plus fort des amis pour
l’avoir dans son équipe.
Et nous pouvons entendre les voix des autres membres de l’équipe : « Yeh, nous
avons le plus fort ! »
D’une manière beaucoup plus vraie et plus puissante, nous avons Dieu dans
notre équipe.
Et à cause de cela, toutes les parties sont gagnées d’avance.
Si nous étions pour perdre notre salut d’une manière quelconque, il faudrait que
la raison soit plus grande que Dieu.
Aucun adversaire, incluant nous-mêmes, n’est plus grand que Dieu.
C’est ce que nous affirme Ésaïe 40.22-29, en parlant de la grandeur de Dieu :
« C’est lui qui est assis au-dessus du cercle de la terre, et ceux qui
l’habitent sont comme des sauterelles; Il étend les cieux comme une étoffe
légère, Il les déploie comme une tente, pour en faire sa demeure. C’est lui qui
réduit les princes au néant, et qui fait des juges de la terre une vanité…À qui me
comparerez-vous, pour que je lui ressemble ? Dit le Saint. Levez vos yeux en
haut, et regardez ! Qui a créé ces choses ? Qui fait marcher en ordre leur
armée ? Il les appelle toutes par leur nom; Par son grand pouvoir et par sa force
puissante, Il n’en est pas une qui fasse défaut… Il donne de la force à celui qui
est fatigué, et il augmente la vigueur de celui qui tombe en défaillance. »
2. Avoir Dieu avec nous n’enlève pas l’adversité
Comme nous l’avons déjà étudié, et en réponse à ceux qui enseignent la doctrine
de la prospérité, avoir Dieu avec nous n’enlève pas l’adversité.
Nulle part dans la Bible, il n’est démontré que le fidèle serviteur de Dieu sera
exempt de difficulté.
Dans le fameux Psaume 23, David a écrit au verset 4
« Quand je marche dans la vallée de l’ombre de la mort, je ne crains aucun
mal, car tu es avec moi : Ta houlette et ton bâton me rassurent. »
Il ne dit pas qu’il ne marchera pas dans la vallée de l’ombre de la mort parce que
Dieu est son berger.
Non, il devra marcher dans la vallée, mais avec l’assurance de la présence de
Dieu.
Les fils de Koré ont écrit dans le Psaume 46 :
« Dieu est pour nous un refuge et un appui, un secours qui ne manque
jamais dans la détresse. C’est pourquoi nous sommes sans crainte quand la terre
est bouleversée, et que les montagnes chancellent au coeur des mers, quand les
flots de la mer mugissent, écument, se soulèvent jusqu’à faire trembler les
montagnes. »
Le même principe est communiqué, Dieu est avec le croyant, mais l’adversité
aussi.
Ainsi, dans notre texte, Paul communique clairement que les adversaires sont
nombreux.
Avoir Dieu de notre côté n’enlève pas la souffrance, mais change la perspective
de la souffrance comme le communique si bien le Psaumes 118.6 :
« L’Éternel est pour moi, je ne crains rien : Que peuvent me faire des
hommes ? »
3. Dieu nous a donné la preuve de sa présence
La plus grande preuve de l’assurance de Dieu à nos côtés est le sacrifice de
Jésus.
Paul est clair en affirmant au verset 32 :
« Lui, qui n’a point épargné son propre Fils, mais qui l’a livré pour nous
tous, comment ne nous donnera-t-il pas aussi toutes choses avec lui ? »
Il me semble qu’il n’y a pas de plus grande preuve.
Si Dieu a sacrifié ce qu’il avait de plus précieux pour le pardon de nos péchés et
notre rédemption, pourquoi tiendrait-il compte de nos faiblesses, de nos
manquements et de nos péchés.
S’il nous a donné ce qu’il avait de plus précieux, comment ne nous donnera-t-il
pas pour ce qui est moindre.
Le prix que Dieu a dû payer pour le pardon de nos péchés est si élevé qu’il
couvre tous nos manquements passés, présents et futur.
De même, par l’affirmation de Paul, nous pouvons associer le sacrifice de Jésus
à celui d’Abraham avec son fils Jacob.
Lorsque Dieu a commandé à Abraham de sacrifier Isaac, l'unique fils de la
promesse, Abraham et Isaac lui ont tous deux obéi spontanément.
Le fait qu'Abraham était disposé à sacrifier Isaac illustre merveilleusement bien la
même disposition chez Dieu le Père à offrir son Fils unique en sacrifice pour les
péchés du monde.
Le fait qu'Isaac, pour sa part, était disposé à être sacrifié illustre le fait que Christ
l'a été, jusqu’à aller à la croix.
Dieu est intervenu pour épargner Isaac et fournir un bélier à sa place (Ge 22.1-
13).
À ce point-là, par contre, l'analogie passe de la comparaison au contraste, car
Dieu n'a point épargné son propre Fils, mais il l'a livré pour nous tous.
Lorsque nous comprenons l’ampleur de ce sacrifice, toutes formes de péché à
ses côtés deviennent sa valeur.
Imaginez le prix élevé :
- Jésus Dieu.
- Vivre comme un homme.
- Rejeté et méprisé par les pécheurs.
- Maltraité et crucifié comme un brigand.
- Porté les péchés de l’humanité.
- Mis à mort et séparé de son Père.
Peu importe les péchés que nous commettons, petits ou grands, peu importe les
charges contre nous, Dieu, le juste juge, nous a déclaré pardonnés et justifiés.
Seul Dieu peut nous condamner et il a été dit : « Il n’y a plus aucune
condamnation pour ceux qui sont en Jésus-Christ. » Romains 8.1
C’est Jésus qui a été condamné à notre place comme nous le rappelle
Ésaïe 53.4-6,10 :
« Cependant, ce sont nos souffrances qu’il a portées, c’est de nos douleurs
qu’il s’est chargé; et nous l’avons considéré comme puni, frappé de Dieu, et
humilié. Mais il était blessé pour nos péchés, brisé pour nos iniquités; le
châtiment qui nous donne la paix est tombé sur lui, et c’est par ses meurtrissures
que nous sommes guéris. Nous étions tous errants comme des brebis, chacun
suivait sa propre voie; et l’Éternel a fait retomber sur lui l’iniquité de nous tous… Il
a plu à l’Éternel de le briser par la souffrance… Après avoir livré sa vie en
sacrifice pour le péché, Il verra une postérité et prolongera ses jours; et l’oeuvre
de l’Éternel prospérera entre ses mains. »
Le sacrifice que Jésus a accompli sur la croix est non seulement le fondement
même de notre salut, mais encore celui de notre assurance.
Comme le Père nous a tant aimés lorsque nous étions encore sous la
condamnation, Jésus, le fils de Dieu, est devenu péché à notre place de manière
à ce que nous devenions justice en lui.
Alors que nous étions ennemis avec Dieu, Christ est mort pour nous.
Maintenant que nous sommes enfants de Dieu, rien ne peut plus nous séparer.
Autrement dit, le sacrifice de Jésus ne peut pas avoir été accompli en vain.
Il assure les résultats.
Après avoir élu les croyants, après les avoir prédestinés, après les avoir justifié
par le sacrifice grandiose de la croix, comment ne nous donnera-t-il pas toute
chose avec lui ?
II. Qui peut accuser les croyants ? (verset 33)
La deuxième question que Paul soulève pour nous affermir et répondre aux
adversaires de la grâce est : « qui peut accuser les croyants ? »
1. Dieu nous justifie
Paul répond à la deuxième question : « Dieu nous justifie ! »
Dans sa réponse, Paul insiste encore une fois sur la position de juge qui revient à
Dieu.
Dieu pourrait accuser les croyants.
Il aurait beaucoup de raison de le faire, mais il ne le fait pas.
Car les croyants sont déclarés justes à cause de leur foi dans le sacrifice parfait
de Jésus-Christ.
Dieu le juste juge les déclare juste.
Et vous ne pouvez pas attaquer l’intégrité de ce juge.
Le sacrifice répond parfaitement aux exigences de la justice et de la sainteté de
Dieu.
Cette deuxième accusation n’est pas sans nous rappeler la scène rapportée par
Jean dans Jean 8.3-11.
Les leaders religieux ont conduit une femme adultère devant Jésus pour
l’éprouver.
Ils l’accusent et demandent la peine de mort.
C’est alors que Jésus dit selon le verset 7 :
« Que celui de vous qui est sans péché jette le premier la pierre contre
elle. »
Ce passage enseigne deux choses sur l’épitre aux Romains : premièrement, tous
les hommes ont péché.
Deuxièmement, toutes les femmes ont péché.
Autrement dit, étant lui-même un pécheur pour toute sa vie, aucune personne ne
peut lancer une pierre à un autre.
Nous aurons, dans nos vies, toujours une pensée, une parole, une situation, un
geste dans lequel nous pècherons et qui donnerait lieu à une accusation.
C’est pourquoi Jésus est venu selon Jean 3.17 :
« Dieu, en effet, n’a pas envoyé son Fils dans le monde pour qu’il juge le
monde, mais pour que le monde soit sauvé par lui. »
Dieu, le juge, ne justifie pas le pécheur par ses mérites, il n’en a aucun, mais
uniquement sur la base du sacrifice de Jésus.
Ainsi, vouloir retenir des accusations contre l’enfant de Dieu sur la base de ses
péchés est inutile, car ils sont tous pardonnés.
De plus, Paul prend la peine d’utiliser un synonyme pour croyants : élus.
Conforme au contexte, personne ne peut accuser les élus, car toute l’oeuvre de
leur rédemption est premièrement l’oeuvre de Dieu et ce que Dieu fait est parfait.
2. Qui sont les accusateurs ?
Mais dites-moi, qui sont les accusateurs des élus ?
Ils sont nombreux.
a. Il y a premièrement, selon Apocalypse 12.10, le diable :
« Et j’entendis dans le ciel une voix forte qui disait : Maintenant le salut est
arrivé, et la puissance, et le règne de notre Dieu, et l’autorité de son Christ; car il
a été précipité, l’accusateur de nos frères, celui qui les accusait devant notre
Dieu jour et nuit. »
Pensons à cette scène de Satan devant le trône de Dieu en train d’accuser Job.
De même, le diable cherche à discréditer notre témoignage et l’oeuvre de Dieu en
accusant continuellement les élus.
b. Il y a aussi les non-croyants qui se plaisent à ressortir nos faiblesses.
Ils se sentent ainsi déculpabilisés, incapables d’être confrontés à vos valeurs.
C’est ce qu’ils ont fait avec Jésus.
Ils l’ont même accusé de chose qu’il n’avait pas faite.
Imaginez, parfois, nos péchés peuvent leur donner suffisamment de raisons.
c. Nous pouvons aussi nous culpabiliser impunément.
Refuser de se pardonner nos erreurs.
Refuser de saisir la grâce de Dieu.
Ne pas croire au pardon de Dieu.
Il y a une place à la repentance, à la confession, mais il y a aussi une place à la
rédemption.
III. Qui peut condamner les croyants ? (verset 34)
La troisième question que Paul soulève pour nous affermir et répondre aux
adversaires de la grâce : « Qui peut condamner les croyants ? »
1. Dieu intercède pour nous
Paul répond à la troisième question : « Christ est mort et intercède pour nous ! »
Les condamnations mentionnées ici sont des cousins des accusations
mentionnées dans le verset précédent.
Il y a des gens, le diable à la tête, qui nous accuse et d’autres qui nous
condamnent.
Dans sa réponse, Paul revient encore à la charge avec la perfection et la
suffisance du sacrifice de Christ.
Christ est mort pour les élus, bien plus, il a vaincu la mort, élevé à la droit de Dieu
et il prie pour ses enfants.
Vous avez dans ce verset l’essence de l’Évangile.
a. Christ est mort, il a payé totalement et pour toujours le prix de nos péchés.
b. Christ est ressuscité, il défait le diable une fois pour toutes.
c. Christ a été élevé dans le ciel, et s’est assis à la droite du Dieu le Père Toutpuissant.
d. Maintenant que Jésus est dans le ciel, il intercède pour nous.
2. Les prières de Dieu sont toujours exaucées
Même quand nous péchons et que nous sommes condamnés.
Même quand notre entourage se tourne contre nous.
Même quand nous ne réussissons pas à rencontrer les standards de Dieu, Jésus
dit : « Père, je plaide par mon sang ! »
Le sang de Jésus est toujours suffisant.
1 Jean 2.1-2 nous encourage :
« Mes petits enfants, je vous écris ces choses, afin que vous ne péchiez
point. Et si quelqu’un a péché, nous avons un avocat auprès du Père, Jésus-
Christ le juste. Il est lui-même une victime expiatoire pour nos péchés, non
seulement pour les nôtres, mais aussi pour ceux du monde entier. »
C’est le principe de la grâce.
Où le péché abonde, la grâce surabonde.
Qui peut vous condamner devant le trône de Dieu ?
Personne ne peut.
Jésus qui vit dans le ciel et intercède pour nous.
Et croyez-moi, nous avons le meilleur avocat qui ne perd jamais sa cause.
Croire en la perte du salut serait équivalent à la faillibilité de l’intercession de
Jésus.
IV. Qui peut séparer les croyants de l’amour de Dieu ? (versets 35-39)
La quatrième et dernière question que Paul soulève pour nous affermir et
répondre aux adversaires de la grâce : « qui peut séparer les croyants de l’amour
de Dieu ? »
1. Dieu nous aime
Paul répond à la quatrième question : « Christ nous aimera toujours ! »
Voyez-vous le crescendo ?
C’est comme si nous avions entrepris de gravir une montagne.
Nous sommes montés d’un plateau à un autre pour finalement arriver tout en
haut de la montagne de la grâce de Dieu.
Dieu nous aime et rien ne pourra le changer.
Nous avons commencé ce chapitre avec « Il n'y a donc maintenant aucune
condamnation », et nous concluons avec aucune séparation.
L'amour de Dieu nous supportera toujours.
Nous n’avons pas à craindre ce qui se trouve devant nous.
2. Aucune situation ou personne ne pourra nous séparer de Dieu
« Est-il possible qu'une situation dérobe à un croyant l’amour de Dieu ? »
L'apôtre poursuit ici en démontrant que cela aussi est impossible.
Une situation désagréable ou dangereuse peut manifestement avoir une
influence néfaste sur la foi et la persévérance des croyants, mais toutes ces
situations ne peuvent nous séparer de l’amour de Dieu, importe ce qu’elles
peuvent être.
Dans le contexte du passage à l'étude, l'amour de Christ représente le salut.
À partir du verset 35, Paul énumère quelques-unes des situations inquiétantes
auxquelles les croyants fidèles sont susceptibles d'être confrontés ici-bas.
a. Les tribulations
Le terme grec utilisé par Paul laisse sous-entendre toute situation dans laquelle
nous sommes mis sous pression.
Dans l'Écriture, ce mot est le plus souvent employé pour désigner des difficultés
extérieures à nous.
Il peut faire référence aux différentes difficultés que nous affrontons au quotidien.
b. L’angoisse
La deuxième situation menaçante est l'angoisse.
Relié à la précédente, Paul fait référence aussi à un stress émotionnel.
Le mot pourrait être traduit par « détresse ».
Ce mot signifie littéralement « étroitesse du lieu » et il peut faire référence à une
grande anxiété et détresse de l'esprit.
Il se réfère, par conséquent, à la détresse ou l'anxiété de l'esprit, comme les
premiers chrétiens étaient souvent l'objet de procès et de persécutions.
Il fait référence aux inquiétudes internes dans lesquelles nous devons apprendre
à faire confiance à Dieu.
Paul donne l’antidote dans Philippiens 4.6-7 :
« Ne vous inquiétez de rien; mais en toute chose faites connaître vos
besoins à Dieu par des prières et des supplications, avec des actions de grâces.
Et la paix de Dieu, qui surpasse toute intelligence, gardera vos coeurs et vos
pensées en Jésus-Christ. »
c. La persécution
La troisième situation menaçante est la persécution, qui désigne l'affliction
supportée au nom de Christ.
La persécution vient toujours avec la vie chrétienne.
Elle peut prendre différentes formes, mais elle vient toujours.
Jésus est assez clair lorsqu’il dit dans Jean 15.20 :
« Souvenez-vous de la parole que je vous ai dite : Le serviteur n’est pas
plus grand que son maître. S’ils m’ont persécuté, ils vous persécuteront aussi;
s’ils ont gardé ma parole, ils garderont aussi la vôtre. »
Paul est explicite dans les versets subséquents, il mentionne : « la faim, ou la
nudité, ou le péril, ou l’épée ».
Ce sont différentes manifestations de persécution.
Paul ne décrit pas ces opposants à l’amour de Dieu de manière théorique, il a
connu lui-même ce qu’il est en train d’expliquer.
Pour soutenir, il cite le Psaume 44 qui est une description de ceux qui sont
persécutés.
De la même manière que les Saints de l’A.T. ont été persécutés, de même, le
vrai croyant sera sous cette pression.
Mais heureusement, Paul lance un cri de victoire :
« Mais dans toutes ces choses nous sommes plus que vainqueurs par
celui qui nous a aimés. »
La persécution n’est pas un signe que Dieu ne nous aime pas, mais un signe que
nous appartenons à Dieu.
d. La mort
Même cet ennemi suprême ne saurait nous séparer de notre Seigneur, car Jésus
a vaincu la mort et il a ouvert une voie pour tous ceux qui étaient pour croire en
lui.
Encore une fois, la mort pour l’enfant de Dieu n’est pas la séparation, ce n’est
pas une punition, mais une promotion.
e. Le monde spirituel
Paul continue de décrire ce qui ne peut nous séparer de l’amour de Dieu en
parlant du monde invisible et spirituel.
Ce monde est mystérieux, mais bien réel.
Il inclut dans cette catégorie, les anges déchus et les dominations.
Le diable ne peut pas faire ce qu’il veut aux croyants.
Il est soumis au contrôle souverain de Dieu.
Les esprits ne peuvent faire ce qu’ils veulent dans nos vies et encore moins nous
séparer de l’amour de Dieu.
f. Absolument rien
Paul termine avec une dernière catégorie qui inclut tout : « ni les choses
présentes ni les choses à venir, ni les puissances, ni la hauteur, ni la profondeur,
ni aucune autre créature. »
Essentiellement, il inclut tout, tout, tout.
Finalement, cette liste n’est qu’une représentation d’opposants.
Certaines personnes qui croient à la perte du salut soulignent que Paul ne fait
pas mention de « nous-mêmes ».
Comme rien ne peut nous séparer de l’amour de Dieu sauf nous-mêmes, comme
si l’homme avait la capacité de se retirer des mains de Dieu.
Étant donné que nous ne sommes pas venus à Dieu par nous-mêmes et que
l’oeuvre du salut est l’oeuvre complète de la personne de Dieu, nous ne pouvons
pas nous séparer nous-mêmes.
Si une personne rejette le salut, elle ne l’a jamais eu.
Jésus promet à tous ceux qui lui appartiennent selon Jean 14.2-3 :
« Il y a plusieurs demeures dans la maison de mon Père. Si cela n'était
pas, je vous l'aurais dit. Je vais vous préparer une place. Et, lorsque je m'en serai
allé, et que je vous aurai préparé une place, je reviendrai, et je vous prendrai
avec moi, afin que là où, je suis vous y soyez aussi ».
Jésus a prié pour tous les croyants dans Jean 17.24 :
« Père, je veux que là où je suis ceux que tu m’as donnés soient aussi
avec moi, afin qu’ils voient ma gloire, la gloire que tu m’as donnée, parce que tu
m’as aimé avant la fondation du monde. »
Le Seigneur ne prévoit pas qu'un seul de ses enfants se perde de nouveau, mais
il promet à chacun d'eux une demeure éternelle en sa présence.
Jésus nous assure également dans Jean 14.16 que le Saint-Esprit sera avec
nous pour toujours, ne faisant encore une fois aucune exception à la règle.
Par son décret, Dieu a assuré notre salut de toute éternité passé et le gardera
assuré par l'amour de Christ jusqu'à la fin des temps et pour toute l'éternité.
Conclusion
Pour conclure, considérons quelques pensées sur ce passage :
1. La souveraineté de Dieu est à la base de notre sécurité.
Nous ne devons pas placer notre confiance en nous-mêmes ou sur les autres,
mais uniquement sur Dieu.
Notre sécurité est enracinée en Dieu, dans Sa souveraineté, et en son amour
indéfectible.
2. Deuxièmement, notre sécurité et notre confiance en Dieu sont la base de notre
service.
Nous ne devons pas être motivés à vivre notre foi par le doute, la peur, la
culpabilité.
La foi en Dieu est un mélange de profonde gratitude et de respect.
Parce que nous sommes en sécurité en Christ, nous pouvons servir Dieu avec
liberté.
3. Notre sécurité n'est jamais une excuse pour la négligence.
Certains abusent de la doctrine de la grâce.
Ils s’imaginent qu’ils peuvent pécher en toute sécurité.
Il est vrai que nous sommes libres de péchés, mais nous ne sommes pas libres
des conséquences ou de la discipline de Dieu.
4. Les Écritures sont claires, Dieu va accomplir jusqu’à la fin ce qu’il a
commencé.
Comme Paul l’affirme dans Philippiens 1.6 :
« Je suis persuadé que celui qui a commencé en vous cette bonne oeuvre
la rendra parfaite pour le jour de Jésus-Christ. »
5. La fondation de notre salut et notre sécurité se trouve dans l'oeuvre de Christ
sur la croix.
La croix est la mesure de son amour en largeur et en hauteur.
La croix est l’assurance que les promesses de Dieu vont toujours s’accomplir.
Notre salut a commencé à la croix et il sera gardé par la croix jusque dans
l’éternité.
6. Finalement, la sécurité du croyant exige une réponse.
La sécurité du croyant doit produire l'humilité, la gratitude, la dépendance, la
confiance, et la louange.
Si à la fin du chapitre 7, Paul termine avec des lamentations, à la fin du chapitre
8, il termine avec des louanges.
Amen!

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