Est-ce la fin de l’impunité au sein de Fardc ?
Joseph Kabila ira-t-il jusqu’au bout ?
Chapeau : 15.000 femmes et filles recensées par la Monuc et parmi lesquelles de victimes d’actes de viols dans les zones à conflit de l’Est du Congo Kinshasa. Tel est l’effectif approximatif de cas de personnes ayant subi la violence sexuelle de la part des éléments de l’armée régulière congolaise et autres milices qui écument le territoire congolais. Le sérieux de ce rapport qui vient d’être rendu public n’a pas laissé le chef de l’Etat indifférent. Ce dernier vient, selon la presse locale, d’accepter le principe de la mise en place d’une structure militaire mixte pour connaître de tous ces cas de viols et autres violences sexuelles attribués aux hommes en uniforme .
Brève : Un général, deux colonels et un major. Tel est le cocktail d’officiers congolais qui vont devoir répondre bientôt de leur implication ou commission dans de crimes sexuels perpétrés au Congo Kinshasa pendant ces 12 dernières années du règne du clan Kabila. Le dernier rapport que vient de publier l’Ong de défense des droits de l’homme américaine, Human Rights Wathc, HRW, sur la violence sexuelle à l’Est de la Rd Congo vient mettre à nu non seulement la gravité de faits, mais également l’implication de ceux là mêmes chargés de protéger les victimes.
Lu pour vous
Violences sexuelles, Kabila lâche ses généraux
C’est clair. Joseph Kabila lâche ses officiers. Que le Chef de l’Etat ait accepté la mise en place d’une structure militaire mixte pour juger non seulement des auteurs des viols mais aussi des chefs à qui les violeurs répondent en dit long sur son ras le bol. Bien que l’accord ne soit pas encore coulé sous forme de décret, le fait d’en avoir accepté la suggestion peut tenir lieu d’autorisation.
Se confiant à l’Agence France Presse, AFP, sur la même question, l’auditeur général des FARDC, le général Ponde, renseignait que des officiers mis en cause dans des cas de viols à l’Est du pays n’étaient pas encore mis à sa disposition Par l’Etat-Major Général Fardc. Il s’agit en l’occurrence d’un major, de deux colonels et d’un général. Les projecteurs sont braqués sur les forces armées de la RD Congo, et manifestement, chaque responsable au sein de la grande muette tente de tirer son épingle de l’écheveau des crimes reprochés aux hommes en armes. L’opération «Tolérance zéro» au sein des Forces armées de la République Démocratique du Congo à peine lancée, l’organisation américaine des Droits de l’homme, Human Rights Wathc, HRW, largue un nouveau rapport sur la violence sexuelle à l’Est. Il en ressort que des éléments FARDC engagés dans des opérations dans cette partie du pays sont responsables des plusieurs actes des viols parmi les 15.000 femmes et filles victimes recensées l’année passée, selon les statistiques de la Monuc. Dans une intervention radiodiffusée chez les confrères de la Radio Okapi, Julienne Kepenberg, chercheuse dans cette officine américaine, et qui a pris une part active à l’élaboration de ce rapport relatif aux violences sexuelles, a proposé la création d’un tribunal mixte composé de juges et de procureurs internationaux ainsi que des nationaux pour juger les auteurs des crimes de guerre et notamment les violences sexuelles. L’idée de la création de ce tribunal spécial est très appréciée par le chef de l’Etat, Joseph Kabila, à en croire Kepenberg. Il faut relever que, même à Kinshasa des hommes en uniformes violent librement. Le samedi 19 juillet, six hommes en uniformes ont violé une femme enceinte au quartier Sangamamba dans la commune de Ngaliema avant de disparaître dans la nature. «Nous avons publié ce rapport pour mettre la lumière sur le fait que l’armée congolaise est l’un des auteurs
principaux des cas de violences qui se passent en R-dCongo. Après plusieurs années, la violence sexuelle se passe de façon très brutale et à une échelle énorme. L’année passée seulement il y a plus de 15.000 cas de violences sexuelles qui ont été enregistrées par les Nations Unies. Ce qui nous perturbe principalement, c’est le manque des poursuites judiciaires au niveau des officiers supérieurs.», avait déclaré
Julienne Kebenberg.
Un avis que l’Etat Major Fardc ne partage pas. Un communiqué lu la semaine passée par son porte-parole, le Colonel Kasonga, met avant les procès sur des cas de viols en cours d’instruction. L’argument est balayé par l’équipe de HRW qui affirme que «Il y a seulement quelques soldats poursuivis qui ne sont que des militaires de basse classe. Nous-mêmes, nous ne faisons pas des statistiques…
ERIC MASIMO
Vendredi, le 24 juillet 2009
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