Si Dieu sait tout, pourquoi prier?» Cette question, que nous allons aborder, surgit dans de nombreuses conversations. Elle est parfois posée dans un but polémique, comme argument contre la foi; de nombreux chrétiens formulent aussi la même interrogation. Si Dieu a déjà la connaissance de tout ce que nous pouvons lui dire, la prière ne devient-elle pas une pratique vide de sens et dépourvue d’intérêt pour chacune des parties en cause? Ou bien, puisqu’il nous est ordonné de prier, cela n’implique-t-il pas que Dieu aurait besoin de notre prière?
La question mérite d’être traitée, non seulement dans un souci apologétique afin de répondre aux objections qui sont élevées contre la foi, mais afin d’éclairer une question dogmatique qui préoccupe certains. Etre au clair sur cette question est important.
Comme le fait remarquer C.S. Lewis, notre vie de prière en dépend1, non seulement sur le plan pratique, mais aussi parce que notre doctrine de Dieu est concernée.
Les deux notions en cause, apparemment contradictoires, sont, d’une part, la nécessité de la prière et, d’autre part, l’omniscience de Dieu. Selon la logique humaine, l’omniscience divine exclurait d’emblée la nécessité de la prière, et la pratique de la prière serait une manière de contester la connaissance parfaite de Dieu. Or, une doctrine orthodoxe implique le respect des deux notions.