Que pensez-vous de la crise ivoirienne?

Quels commentaires faites-vous de l'attitude de la France, des Etats-Unis, de la communauté dite "internationale"?

Justifiez vos réactions sur la base des faits vérifiés.

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Réponses à cette discussion

L’Etat Français doit absolument comprendre qu’il ne peut agir en Côte d’Ivoire en singeant le reste de la communauté Européenne. En effet, la communauté Française ici compte au bas mot 15 000 ressortissants qui y travaillent, qui y ont fait leur vie et qui ont des enfants scolarisés.

On ne peut pas leur demander de mettre leur vie et celle de leurs enfants entre parenthèses à chaque fois que les politiciens français se chamaillent avec les politiciens Ivoiriens. Les français de Côte d’Ivoire ont déjà gouté à cette amère expérience en quittant tout, enfants sous le bras en 2004 pour se retrouver dans ce pays dont ils possèdent le passeport mais dans lequel ils n’ont aucun repère.

« On ne va pas nous la refaire encore ! », s’exclame un français habitant Biétry, « qu’ils nous foutent la paix avec leur politique de m…, ils jouent avec notre vie comme si nous étions des marionnettes, comme si nous n’étions pas des êtres humains, nous ne sommes pas des pièces qu’on déplace au gré des erreurs politiques du quai d’Orsay. J’ai une maison, une entreprise, trois enfants au Lycée français. Que vais-je faire de tout cela. Moi je n’ai aucun problème avec les Ivoiriens sauf les problèmes que nous pose Sarkozy ! Que vais-je aller faire en France ? Pointer au chômage ? Sarkozy aurait-il fermé son entreprise lui ? Serait-il parti avec sa Carlita et ses mômes sous le bras pour un avenir pour le moins incertain ? Qu’il arrête de s’étaler sur les ondes, car chaque mot prononcé pour faire le malin nous met en difficulté dans ce pays qui nous a accueilli. Il ferait mieux de résorber le chômage en France plutôt que de nous mettre au chômage. Obama, lui, il s’en fout, il y a à peine une centaine d’américains ici dont la grande partie travaille pour l’ambassade. »

Cet avis, pour le moins exaspéré, est partagé par la grande majorité des Français. Pour eux, Gbagbo ou ADO, cela est un problème Ivoiro-Ivoirien…Blé Goudé l’a dit : « les Français de Côte d’Ivoire sont en sécurité ici… »
L'armée française n'a rien à faire dans ce pays. Si les Français veulent se sentir en sécurité, qu'ils rentrent dans leur pays !
Le désordre et les morts, ça va continuer longtemps encore en Afrique car les frontières ne correspondent pas à celles d'Etats-nations. Il faudrait redessiner les frontières et déplacer des populations vers les terres d'origine Voilà.

Merci pour cette réaction!

Et je crois que les Français doivent ouvrir les yeux et convaincre leur Président de ne pas se lancer dans cette aventure qui laissera à coup sur, des conséquences très fâcheuses dans les relations ivoiro-françaises déjà trop mises en mal par la politique africaine de la France.

Dieu compte sur les chrétiens qui vivent dans les Etats pour une justice.

Car la France a pris position de façon hâtive sans voir les choses de près. Nous vous prions de vous informer sur la crise ivoirienne et de ne vous laisser mentir les médias français.

 

FRANÇAFRIQUE : HISTOIRE D’UNE NÉBULEUSE QUI TUE L’AFRIQUE

"Une goutte de pétrole vaut une goutte de sang" Georges CLEMENCEAU

Par Séraphin PRAO YAO

La France est-elle une démocratie ou a-t-elle dérivé ? Quelle vaste question ! A priori, la réponse sur toutes les lèvres est celle-ci : oui la France est une démocratie. Certes, en France, on ne
trouve pas de Goulag, certes, en France, on ne compte pas de camps de travail
obligatoire, pour autant, ce grand pays est une démocratie par apparence.

En Afrique par exemple, la France a une grande histoire avec un certain nombre de pays. Les liens tissés avec l’Afrique pèsent si fort sur l’ensemble des relations de la France avec les pays en développement qu’aucun réexamen
de la politique en direction du Sud ne peut se faire sans oser aborder de
front les questions posées par ces liens privilégiés.

Nous aborderons dans cette réflexion la question de la "Françafrique". Pour ce faire, notre travail s’articulera autour de trois axes principaux.

-        Dans un premier temps, dans le seul dessein de ne point provoquer un dépaysement
intellectuel, et d’échapper à la répétition des schémas et modèles, il serait
judicieux de dresser l’historique de la "Françafrique".

-        Dans un deuxième temps, nous présenterons le fonctionnement de la "Françafrique".
Il en ressort qu’elle a des effets nocifs pour l’économie africaine dans son
ensemble.

-        Dans un troisième temps, nous verrons qu’il est urgent de combattre la "Françafrique"
puisqu’il est fondé qu’elle sape l’épanouissement économique et politique des
pays africains.

1.        QU’EST-CE QUE LA "FRANÇAFRIQUE"

La "Françafrique" n’est pas un mot inventé par l’académie française, ni par un grammairien de renom. C’est un terme impropre dans la forme comme dans le fond. Il s’apparente à un effort d’accoler deux
mots : la France et l’Afrique. Or il s’agit d’un pays et un continent
très lointain que seule l’histoire peut réunir. 

Selon nos recherches sur le sujet, c’est l’ancien président de la Côte d’Ivoire, Félix HOUPHOUËT-BOIGNY qui inventa l’expression France-Afrique en 1955, pour définir les relations d’amitiés qu’il voulait
établir avec la France. Il sera transformé par François-Xavier VERSCHAVE,
pour devenir "Françafrique".

Pour François-Xavier VERSCHAVE, on peut définir la "Françafrique" comme "une nébuleuse d’acteurs économiques, politiques et militaires, en France et en Afrique, organisée en réseaux et lobbies, et polarisé sur
l’accaparement de deux rentes : les matières premières et l’Aide
publique au développement. La logique de cette ponction est d’interdire
l’initiative hors du cercle des initiés. Le système autodégradant se recycle
dans la criminalisation. Il est naturellement hostile à la démocratie".

On voit donc que la "Françafrique" agit avec plusieurs acteurs (économiques, militaires et politiques) entre un seul pays, la France et un continent, l’Afrique, le tout dans des réseaux.

Historiquement, en 1958, l’union française est remplacée par la "Communauté" dans la constitution de la 5e République. Celle-ci est conçue comme une association entre un Etat souverain, la France, et des Etats
africains disposant de l’autonomie interne.

Le général DE GAULLE, quand il accède à la présidence de la République, doit affronter une situation internationale nouvelle, celle où les colonies de la France au sud du Sahara affirment leur volonté d’accéder à
l’indépendance. DE GAULLE fait mine d’accepter.

Mais DE GAULLE n’a pas oublié que l’intégration économique entre la France et son empire colonial a atteint sa forme la plus achevée dans les années cinquante, à la veille de la décolonisation. Par exemple, en 1960, 30%
des exportations françaises étaient réalisées dans le cadre de l’empire.

Jusqu’à la Première Guerre mondiale, ces relations étaient restées, pour reprendre l’expression de Catherine COQUERY-VIDROVITCH"un combiné de régime militaire et d’économie de pillage […]. Sur le plan
macro-économique la raison d’être de la colonie était de rapporter à la
métropole. […]

L’objectif est d’importer à bas prix des marchandises médiocres mais vendues à l’Africain le plus cher possible, en échange de biens primaires d’exportation contre une rémunération au producteur la plus faible
possible".

Pour avoir toujours le contrôle sur son empire colonial, Charles DE GAULLE charge, dès 1958, son plus proche collaborateur, Jacques FOCCART, de créer un système de réseaux qui emmaillotent les anciennes
colonies dans un ensemble d’accords de coopération politique, économique et
militaire qui les placent entièrement sous tutelle. Bref, un système élaboré
d’installation de forces parallèles. Et puis il y a eu l’ingénieuse idée de
créer le franc CFA,  qui est en réalité un instrument magnifique de
convertibilité en Suisse d’un certain nombre de richesses africaines.

En définitive, après les indépendances, la relation entre la France officielle et les Etats africains s’est transformée en une sorte de relation incestueuse et infectieuse.

La véritable amitié entre la France et les pays africains est constituée d’une organisation formée par une coalition hétéroclite composée de présidents africains et de multinationales dont le
but final est de maintenir au pouvoir des dirigeants corrompus afin
d’orchestrer le pillage systématique des fabuleuses richesses de l’Afrique.

Ce système d’origine réactionnaire, droitière, conservatrice, arrière-gardiste, est en vérité un instrument de la stratégie néocoloniale française

1.  LE FONCTIONNEMENT DE LA "FRANÇAFRIQUE"

La "Françafrique" a plusieurs composantes : la coopération militaire, l'aide au développement, la diplomatie et le franc CFA. Elle s’est incrustée avec un ensemble d’accords de coopération
politique, économique et militaire.

La "Françafrique" a pour but de rendre compétitive l’économie française en lui fournissant les ressources naturelles dont son économie a besoin. Se souvient-on que l’économie est la lutte contre
la rareté. En ce point se dessine le principe essentiel de la "Françafrique" :
assurer la survie de la France.

Dans les faits, les réseaux politiques, mafieux et de filières occultes, se partagent le gâteau africain. Il s’agit d’aider quelques entreprises françaises, aidées par la diplomatie française en
Afrique à exploiter les ressources naturelles des pays francophones. Ainsi,
l’Afrique devient le pré-carré de toutes les compromissions et de tous les
coups tordus, un espace protégé où l’impunité est assurée aux puissants.

En clair, la "Françafrique" agit par les coups d’Etat afin d’imposer des présidents dociles qui permettront aux entreprises françaises d’exploiter abusivement les ressources naturelles de l’Afrique. C’est ainsi
que les multinationales instrumentalisent des conflits régionaux ou locaux
pour obtenir ou conserver des marchés et des concessions.

Sur le plan militaire, la "Françafrique" s’est transformée en "Mafiafrique",  une sorte de mondialisation de relations criminelles. C’est bien elle qui a éliminé Ruben Um NYOBÉ du Cameroun, SYLVANUS OLYMPIO du Togo (le 13 janvier
1963), Barthelemy BOGANDA de la Centrafrique, Thomas SANKARA du Burkina Faso,
Patrice LUMUMBA de l’ex-Zaïre, Marien NGOUABI du Congo Brazzaville, Steve
BIKO de l’Afrique du Sud, KRAGBÉ GNAGBÉ, Ernest BOKA de Côte d’ivoire, etc...

Souvenons-nous que le Nigérien HAMANI DIORI qui voulait vendre son uranium ailleurs qu’en France, a été déposé manu militari. En 1978, la France intervenait militairement au Zaïre (actuelle République Démocratique du
Congo) en soutien au dictateur Joseph Désiré MOBUTU, contre les 3000
rebelles du Front de Libération Nationale Congolaise (FLNC).

Aujourd’hui encore, la France ne désarme pas, elle est plus active que par le passé. Coups d’Etat en Guinée-Bissau (septembre 2003) et à Sao-Tomé- et-Principe (juillet 2003), tentatives de putsch au
Burkina Faso et en Mauritanie (octobre 2003), renversement de M. Charles
TAYLOR par une rébellion au Liberia (août 2003), remous politiques au Sénégal
(année 2003), déstabilisation de la Côte d’Ivoire (depuis septembre 2002)...
l’Afrique de l’Ouest semble s’être durablement installée dans la crise
politique. C’est cette "Françafrique" qui a chassé le Président Pascal
LISSOUBA du pouvoir au Congo Brazzaville parce qu’il a eu le malheur de
demander 33 % de royalties sur le pétrole au lieu des 17 % de
SASSOU NGUESSO.

Que d’opérations sur notre continent pour déstabiliser nos Etats : opération "Tacaud" dans la guerre du Katanga (Zaïre) en 1978, opération "Barracuda" contre Bokassa en
1979, opération "Epervier" en 1986 au Tchad,
opération "Turquoise" au Rwanda en 1994, opération
"Azalée" en 1995 au Comores,[..] opération "Licorne"
en 2002 en Cote d’Ivoire.

Sur le plan économique, la guerre des ressources naturelles fait rage. En Afrique, ELF tire environ 70 % de sa production, et d’où le nouveau groupe TotalFinaElf tire encore 40 % de sa production. Depuis des
décennies, les compagnies pétrolières interviennent dans la vie politique et
économique des pays concernés. Si ce n’est pas la mise en place ou le
cautionnement des régimes responsables de violations massives des droits
humains ou l’alimentation et encouragement des circuits de corruption, à
l’étranger (surtout en France), c’est la destruction de l’environnement qui
est en cause.

En 2006, le groupe pétrolier Total a publié un bénéfice net ajusté record de 12,585 milliards d’euros, soit le plus gros bénéfice jamais enregistré par une entreprise française. Ses revenus ont progressé de 12% à 153,802
milliards d’euros. La croissance du bénéfice du groupe a suivi ces dernières
années la hausse des cours du brut. De 7 milliards en 2003, le bénéfice de
Total a dépassé légèrement les 9 milliards en 2004 avant d’atteindre un
précédent record de 12,003 milliards en 2005.

 

 

Je suis tout à fait d'accord avec André. Que Dieu soutienne la Côte D'Ivoire. Amen!

Nous avons vraiment besoin de votre soutien contre ce lynchage médiatique dont la Cote d'Ivoire est victime.

La plupart des occidentaux et des Européens n'ont pas les vraies informations. Ils se contentent d'écouter les chaînes "étrangères" sans vérifier les reportages de France 24, TF1, RFI, BBC, etc. Je vous invite à
suivre l’actualité sur la chaîne nationale ivoirienne www.rti.ci, afin qu’on ne vous présente pas la
Côte d’Ivoire comme un pays invivable.

Comment la soit disant communauté internationale (représentée par la France et les États-Unis) peut-elle penser que le Président ivoirien Laurent Gbagbo ne veut pas quitter le pouvoir, alors qu'il est régulièrement élu par les
ivoiriens? Et comment comprendre que les chefs d'Etats africains qui sont au
pouvoir depuis 20, 25, 30 ans ne soient pas vus comme des individus voulant
s'éterniser au pouvoir?

Gbagbo Laurent a eu son mandat perturbé par une rébellion crée par la France, avec laquelle il a passé tout le temps à discuter, parce que la France et la communauté internationale n’ont pas été juste. C’est la France qui a entretenu
la rébellion armée durant les 8 ans de crise. Gbagbo n’est pas un dictateur, c’est
vrai démocrate. Je vous donne quelques preuves :

1-Quand le Président Bédié avait lancé un mandat d’arrêt contre Alassane Ouattara, c’est le Président Gbagbo qui a annulé ce mandat par l’article 48 de notre constitution ;

2-Lorsque, après le coup d’Etat perpétré par Alassane Ouattara contre Bédia en 1999, Alassane a fui le pays et s’est exilé en ^même temps que Bédié, C’est le même Gbagbo qui les  a fait venir en
Cote d’Ivoire. Et depuis, Alassane et Bédié ont bénéficié de garde de corps.

3-C’est Gbagbo qui a pris un décret pour que son adversaire d’aujourd’hui puisse se présenter comme candidat, alors que la loi ivoirien ne permettait pas à Alassane d’être candidat.

4-En fin, si Gbagbo ne volait pas quitter le pouvoir, il n’allait pas organiser les élections, alors que le désarment qui était un préalable à des élections crédibles et transparentes, n’a pas été fait par l’ONU-CI.

Aucun Chef d’Etat africain n’agit comme Gbgabo.

Les cas d'Abdoulaye Wade, Blaise Compaoré, et autres sont éloquent en la matière. Certains sont des putschistes, et c'est ceux-là que la France soutien et utilisent pour déstabiliser les peuples africains. Et cette procédure, les
ivoiriens ne veulent pas qu'elle s'applique à leur pays la Cote d'Ivoire. Les gouvernements
français ne peuvent pas mettre en place des politiques étrangères de
"pillage" du sous sol africain et mettre les Africains dans des
situations économiques de disette et de mendicité, en créant des conflits religieux,
interethniques comme au Rwanda (exemple connu de tous)

Il faut comprendre que c'est un faut procès que le gouvernement et l'Etat français font à Laurent Gbagbo parce que justement, il est le seul Président à résister aujourd'hui à la mauvaise politique étrangère de la France et des
Etats Unis. Et la France, en agissant de la sorte aux yeux de tous, est en
train de se rabaisser et montre qu’elle n’est pas une nation de démocratie. Si
non, comment comprendre que la Grande France soutienne quelqu’un qui a été
proclamé en dehors du délai prescrit par la loi(Conseil constitutionnel), par
le Président de la CEI en l’absence des commissaires centraux, dans un endroit
inapproprié, un hôtel de surcroit (Hôtel du Golf) ?

Le Président Laurent Gbagbo demande à la communauté internationale de constituer un comité d’évaluation (CE) des élections présidentielles en Côte d’Ivoire. Ce comité aura pour rôle de vérifier les rapports des observateurs nationaux et
internationaux, afin de comprendre les faits véritables des conditions
électorales.

Si Gbagbo ne voulait pas de transparence, il n’allait pas se disposer à accueillir un tel comité.

Mais la France dit que Gbagbo doit partir cout que cout du pouvoir qu’il a eu de façon légale. C’est n’est pas juste. Pour son ivresse politique, Nicola Sarkouzi va mettre en péril la vie des plusieurs Français vivant en Côte d’Ivoire,
mais plus d’un peuple, le peuple ivoirien.

Je crois qu’il est urgent que les Français dans leur majorité comprenne mieux la situation de crise crée par leur Président et mènent des actions dans le but de le convaincre à revoir sa position, si réellement la France est un
pays de démocratie. Si Sarkozi n’accepte pas cette démarche, il faut comprendre
que la dictature viendrait de lui et non des autres.

Aujourd’hui la France a manipulé la CEDEAO et la communauté internationale (France) se bousculent pour une option militaire, option que les Nations unies ne prévoient pas quand c’est dans le cas du maintien de la paix.

La France veut la guerre en Côte d’Ivoire, en s’ingérant dans les affaires ivoiriennes, un point c’est tout.

Dieu attend la communauté internationale, nous tous qui sommes des humanistes épris de justice.

Je suis à votre disposition pour toute information sur la Côte d’Ivoire.

Que Dieu garde !

Pasteur NOGBOU écrit : "Et je crois que les Français doivent ouvrir les yeux et convaincre leur Président de ne pas se lancer dans cette aventure qui laissera à coup sur, des conséquences très fâcheuses dans les relations
ivoiro-françaises déjà trop mises en mal par la politique africaine de
la France".

Ouaih mais le dénommé SARKOZY, il se fout des Français et de ce qu'ils pensent ; c'est un tordu et un malade (bipolaire) avec des tics et des tocs, un assistant du diable qui s'est vendu aux riches.

Je suis vraiment satisfait pour le soutien que tu apporte à la Côte d'Ivoire par cette prise de position, et je crois que j'en ferai autant si un jour un des nôtres se comportait comme Sarkozi.

Merci encore un fois.

PS: J'espère que tu as lu ma discussion sur "LES RÉVÉLATIONS TROUBLANTES D'UN OFFICIER BURKINABE"

Nous, on aime l'Afrique et on sait que le bordel qui y règne est décidé "en haut lieu" à Paris, sans tenir compte de l'avis des Français.

Pasteur NOGBOU, on est avec toi. Mais hélas on n'est pas des décideurs.

@Pasteur NOGBOU

Envoie-moi ta version complète des faits. J'ai quelqu'un dans ma famille qui pourrait essayer de le publier car il est très intéressé et a besoin de se faire remarquer, de faire remarquer qu'il existe vu qu'il est sorti y pas longtemps de l'école supérieure de journalisme de Strasbourg (excellente école en France) et qu'il est pigiste dans la section politique d'un grand journal qui n'a pas froid aux yeux, en Sarkozie.

Choisis-toi un pseudonyme pour que ton texte passe comme un témoignage.

Je compte sur toi. Affaire très sérieuse. Fais-toi aider si tu manques de temps libre.

Utilise mon adresse : telegram@orange.fr

Vraiment merci pour le soutien, et je crois que le Seigneur est fier de tous ceux qui sont épris de justice, de vérité, et d'amour pour l'jumanité.

Je t'envois cette révélation que tu pourras remettre à ton frère en question.

 

Faites crculer cette inforamtion
To: afrique@univ-lyon1.fr
Subject: Les révélations troublantes d'un officier des Renseignements Burkinabè
From: "Noel N." a href="mailto:nono%40xulucity.com">nono@xulucity.com>
Date: Wed, 6 Nov 2002 21:34:42 +0100
Delivered-to: afrique@dns2.univ-lyon1.fr
Delivered-to: afrique@univ-lyon1.fr
Monsieur, vous êtes officier du renseignement burkinabé. Qu?est-ce qui 
explique votre présence à Abidjan même si elle est discrète ?

Je suis là pour m?acquitter d?un certain devoir pour permettre aux autorités
de se rattraper et faire face à la situation qui prévaut actuellement en Côte
d?Ivoire. Tout ce qui arrive est dû à beaucoup de négligences et à un manque
de vigilance au niveau des autorités en ce qui concerne la sécurité. Il y a
longtemps que pesaient des menaces sur la sécurité et la stabilité de la Côte
d?Ivoire.

Concrètement à partir de quand l?alerte a été lancée ?

Nous sommes rentrés en action à partir du mois de mars 2002 en nous disant
que ce qui arrive est très grave et on a discrètement saisi les autorités
ivoiriennes. On a ainsi saisi l?ex-ministre de la Sécurité Boga Doudou qui
nous a mis en contact avec son directeur de cabinet. Finalement, on nous a
renvoyé au commissaire du Gouvernement Ange Kessy comme notre interlocuteur
direct dans le mois de mai. Ce dernier nous a écouté avec une bienveillante
attention. Compte tenu de la crédibilité des renseignements et de la gravité
de la situation, le commissaire Ange Kessy a pris un mandat d?arrêt et une
mesure de demande d?expulsion des militaires déserteurs ivoiriens au Burkina
Faso. Je crois que le mandat d?arrêt a suivi le cheminement légal nécessaire
et le dossier a été régulièrement traité par le tribunal militaire de
Ouagadougou qui a aussi saisi le tribunal de Ouaga et c?est le parquet qui a
finalement refusé l?exécution de cette décision d?extradition qui devait être
exécutoire.

Sur quel motif se fondait le refus du parquet de Ouaga ?

Il y a eu une commission rogatoire en bonne et due forme et je suis surpris
que le président Blaise Compaoré prétende que les autorités judiciaires
burkinabé n?aient pas été régulièrement saisies pour l?extradition des
militaires déserteurs ivoiriens. La vérité est qu?un certain Tanoh qui a
envoyé à partir d?Abidjan, une petite délégation conduite par Dr Sanou qui a
vu le président du tribunal de Ouagadougou et qui a, au préalable, contacté
son substitut du nom de Sawadogo et une dame du nom de Mme Dembélé pour
qu?ils annulent l?acte d?extradition de ces exilés. En fait, c?est le parquet
de Ouagadougou qui a pris la décision d?annuler l?extradition de ces exilés
et comme vous le savez, le parquet dépend directement du ministère de la
Justice et du garde des Sceaux qui a pour premier responsable le président du
Faso.

Mais cet acte d?extradition concernait combien de personnes ?

Il est important de rappeler que la demande d?extradition du tribunal
militaire d?Abidjan a été officiellement reconnu par son homologue du
Burkina. Les personnes à extrader étaient au nombre de huit parmi lesquels on
peut citer Diarassouba, celui qui se fait appeler Zaga Zaga, il y avait aussi
Ousmane Chérif, Koné Zacharia, Tuo Fozié? Vous pouvez voir le commissaire du
gouvernement qui peut vous être plus clair. Le parquet de Ouaga a quand même
donné des raisons au tribunal militaire ivoirien pour motiver son refus Je ne
crois pas qu?il ait donné des arguments précis mais vous pouvez vous
renseigner auprès de votre tribunal militaire ici à Abidjan. Selon mes
renseignements, la délégation dont je parlais tantôt a envoyé vingt (20)
millions en coupures d?Euros pour défendre leurs gars. Je n?avais plus suivi
le dossier. Mais c?est quand les militaires s?apprêtaient à attaquer la Côte
d?Ivoire que j?ai recommencé à les suivre. J?ai donc eu à faire des rapports
aux autorités ivoiriennes et j?ai été notamment reçu par le commandant de la
brigade de recherches de la Gendarmerie nationale ivoirienne qui nous a
conduit devant le commandant de la Gendarmerie nationale. Finalement, nous
nous sommes retrouvés devant le ministre de la Défense Lida Kouassi lui-même
à deux reprises. Nous étions en juin 2002.

Et qu?avez-vous dit précisément au ministre de la Défense et quelle a été sa
réponse?

Je lui ai dit que les gens se préparaient à faire la guerre et renverser le
régime en place en Côte d?Ivoire. Ils avaient pour ambition de prendre le
pouvoir et d?organiser rapidement les élections au bout de six mois. Tel
qu?ils le réclament aujourd?hui.

Tout était déjà donc bien ficelé ? Que vous a répondu le ministre Lida ?

Effectivement, tout était bien planifié depuis longtemps. Je précise qu?après
notre entretien, le ministre Lida a reçu ce même jour et en ma présence le
maire de Bouaké, M. Fanny Ibrahima. Ce dernier était venu solliciter la
moitié du terrain d?un camp militaire de Bouaké pour y réaliser des
constructions. Et j?ai demandé ? mais un camp militaire est la propriété de
l?Etat qui n?est aucunement une propriété de la municipalité ?. Mais le maire
Fanny, sans sourciller a répondu : ? ce camp, si nous ne l?avons pas
aujourd?hui, un jour on va construire dessus ?.

Bref? Quelle suite le ministre a-t-il donné à vos renseignements ?

Le ministre a dit : ? On garde le contact, on va s?occuper de tout cela ?.
Ainsi, lorsque je suis rentré au Burkina, j?ai rappelé le ministre. Mais je
suis tombé sur son directeur de cabinet qui m?a reçu au téléphone à qui je
n?ai pas manqué de dire que maintenant les gens passaient à une vitesse
d?exécution. Parce que des camions transportant des conteneurs dont on disait
contenir de la friperie et venant de Lomé étaient garés à Banfora. En
réalité, c?étaient des armes. Ces conteneurs sont restés à l?usine Savana à
Bobodioulasso qui fabrique du jus pendant environ deux mois. Mon dernier
contact direct avec les autorités ivoiriennes, c?est le 29 août. J?ai été
accueilli par le commissaire Koudou, le conseiller technique du ministre Boga
Doudou, à qui j?ai remis un rapport complet. Il m?a dit ce 29 août 2002 qu?il
ne peut avoir de coup d?Etat en Côte d?Ivoire. Or en ce moment précis, les
gens faisaient déjà traverser les armes et des combattants pour venir en Côte
d?Ivoire. Plus grave, pour les formalités, ils ont pris contact avec le
responsable de la douane à la frontière ivoirienne du pont sur la rivière
Léléba et certains agents des forces de l?ordre pour que le matériel soit
acheminé aisément en Côte d?Ivoire. J?ai mis tout cela dans mon rapport et le
ministre a dit à Koudou qu?il prendrait contact avec moi plus tard. Cette
rencontre n?a plus jamais eu lieu. Le commissaire Koudou m?a seulement fait
savoir que selon leurs renseignements, les camions qui transportaient les
armes étaient à Banfora et qu?ils n?ont pas traversé la frontière. J?ai alors
pris soin d?appeler quand même le ministère de la Défense ivoirienne et on
m?a dit que le ministre était en congé. C?est son directeur de cabinet qui
m?a rappelé. Je lui est fait le même rapport en concluant que la Côte
d?Ivoire doit s?apprêter à faire face à une grande attaque.

Ce qui se préparait dans l?ombre au Burkina est tombé comme un couperet ?

Je voudrais d?abord indiquer que le lundi 17 septembre 2002, M. Zoro Bi Ballo
qui était à Ouaga à l?hôtel Pacific a reçu un coup de fil en provenance de
Paris. Répondant à son interlocuteur, il a dit qu?ils ne pouvaient pas lancer
l?opération parce que des ? intéressés ? étaient absents d?Abidjan. Il a
proposé d?enfermer un certain nombre de personnes qu?il allait faire juger
pendant que lui (parlant du président de la République en visite officielle
en Italie) resterait en exil. On a du plutôt lui dire de faire exécuter ce
qui était prévu c?est-à-dire, abattre les ministres de la Défense, de
l?Intérieur et de la Sécurité, le chef d?Etat major, le commandant de la
Gendarmerie, le commissaire du Gouvernement, etc. car s?ils sont vivants ils
peuvent reprendre les choses en main et faire échouer le coup. Jai
immédiatement pris contact avec le commissaire Dia Blé que j ?ai eu au
téléphone. Il m?a ce jour rappelé trois fois.

Vous voulez parler du Directeur des renseignements généraux ivoirien?

Oui, le commissaire Dia Blé. Il a même fait que le commissaire N'Goran Koffi
m'a appelé pour me demander ? mon frère qui veut faire quoi? Et pour quoi? ?
Voici les questions qu?il m'a posées ce 17 septembre soir. Mais n?oubliez pas
que les rebelles étaient informés de ce que le ministre Boga Doudou rentrait
le 18 septembre soir à 17h40. ils étaient très précis. Instruction leur a
donc été donné d?attendre la position de ? ceux qui sont à Abidjan et si la
marchandise qui est partie avec le camion d'élevage est arrivé". L'autre a
dit que ? la marchandise est arrivée et est stockée dans un lieu sûr ?. Ce
jour, ils ont envoyé les armes dans un petit camion qui transportait 2 b?ufs.
Il a également dit que les éléments qui étaient sur pieds à Abidjan n'étaient
pas nombreux et qu'il fallait chercher du renfort. Aussi, ont-ils soutenu
avoir essayé de rentrer en contact avec ? le Général ? (parlant de Guéi) qui
hésite. Ils ont dit ? devait nous appeler, mais il ne l?a pas fait. Qu?il
soit là ou non, nous allons nous exécuter ?.

Le Général Guéi ne semblait pas très bien informé des derniers détails?

Je ne sais pas trop. Mais celui qui parlait, c'était un certain (NDLR :
Hésitations) Pacôme, probablement un garde de corps. Après Pacôme, c'est un
autre du nom de Diomandé qui a appelé et qui a dit que le Général a souhaité
qu?on lui donne le temps pour étudier le problème. C'est ainsi que le 18
matin, j'ai appelé le commissaire Koudou pour lui dire "vraiment, les gens
sont prêts à exécuter leur sale besogne". Il m?a demandé ce qu?on pouvait
faire. Je lui ai répondu que cela dépendait de ceux qui sont à Abidjan. Voilà
ce que je sais de l?histoire qui nous a mis dans ce pétrin.

Quels sont les personnes qui étaient positionnés au Burkina et puis les
différents commanditaires que vous connaissez ?

Il y avait beaucoup qui sortaient mais qui rentraient aussi. Tout
dernièrement dans le mois de mai, le Général Guéi et une délégation étaient
là-bas avec un gros militaire barbu qui n'était pas payé. J'ai discuté avec
cet élément à l'hôtel Pacific où ils étaient au Burkina. Ils sont venus avec
une voiture Galloper Verte dans laquelle ils ont traversé toute la Côte
d'Ivoire pour le Burkina en aller et retour. Je me suis entretenu avec eux,
ils m'a dit qu'ils n'a pas de salaire, il a 100 000 F que Guei lui donne par
mois qu'il a beaucoup d'enfants et qu?il envisage de s?exiler au Burkina où
les autres vivent mieux. Ce jour là à la réunion, il y avait Tuo Fozié, Ib,
Diarrassouba, Chérif et un certain Ezan, militaire également qui était leur
porte-parole que je ne vois plus dans cette affaire. Il y avait celui qu?on
appelait "Jonas Savimbi" que je ne connais pas de nom, mais qui est costaud
avec beaucoup de barbe. Ils étaient nombreux. Parce qu'au fait "IB" a des
moyens. Je pense que c'est lui qui était le seul coordinateur avec Balla
Kéita, puisque Balla Kéita était au fait de tout ce problème. Il en savait
vraiment beaucoup.

Vous pensez que la mort de Balla Kéita est liée à toute cette affaire?

La mort de Balla nous a pris un peu de vitesse. On attendait la mort de tout
le monde sauf Balla Kéita. Mais Balla Kéita aussi ne jouait pas franc jeu
parce qu'il était en contact très étroit avec Alassane. Même s'il était de
l'UDPCI. Je sais que, quand la femme de Guéi était allée à Ouaga, à la mort
de Balla Kéita, il y avait une cousine d'Alassane qu?elle a refusé de
recevoir. En tout cas, on s'attendait à la mort de tout le monde sauf de
Balla Kéita. Les "IB" et consort, ils étaient surveillés même dans les
boites, il y avait au moins 4 gendarmes derrière eux.

Si le Burkina ne sait pas, pourquoi les protéger?

Parce que ce IB seul, il a cinq 4X4 double-cabines et une nouvelle mercedes
4X4. Il faut aussi savoir que leur formation est claire. Beaucoup de rebelles
ont été formés au Burkina.

Où ont-ils été formés exactement là-bas au Burkina ?

Il y a beaucoup qui ont été formés au camp de Dédougou à la frontière du côté
de Bouna. Pour ceux qui parlent de Pö, c'est faux. A Pô, il n?y a personne
parce que ce camp est surveillé par les Nations Unies. Dédougou est l'un des
meilleurs camps actuellement construit recemment par la Lybie et où au moins
5 avions peuvent atterrir en même temps. Quand les gens disent qu'ils ont été
entraînés à Pô, ça veut dire qu'ils ne connaissent pas la réalité des choses.
Même un agent ivoirien a été arrêté à Pô parce qu?il n?était pas bien
informé. Actuellement, parmi les bras séculiers de ces rebelles, il y a le
ministre d?Etat burkinabé Salif Diallo, qui a fait des histoires avec Boga
Doudou à Tripoli, lors de la rencontre entre Blaise Compaoré et Gbagbo. Ils
en sont venus même aux mains. Il fait partie des hommes forts de cette
rébellion. Il y a aussi la main de Khadaffi qui est venu un peu tardivement
dans cette affaire par le fils du Général Robert Guéi qui est là-bas en Lybie
mais qui est rentré actuellement à Ouagadougou.

Lequel fils de Guéi ? Celui qui était à la Lonaci?

Je ne sais pas trop, seulement il vient d'arriver à Ouaga avec 2 millions de
dollars US (NDLR : environ 2 milliards de FCFA) pour assister les rebelles
parce que son père a été tué. Il voulait venir directement à Abidjan mais
Khadaffi a refusé qui lui a donné cet argent pour payer des rebelles. Et
puis, il y a un autre fils de Guei en Amérique qui, également, rejoindra les
autres à Ouagadougou d?ici là, si ce n?est déjà fait.

Qu?en est-il de IB dont on dit qu?il ne combat pas ?

Vous savez, celui qui commande la vraie guerre ne le dit pas. C'est comme les
erreurs que vous, en Côte d?Ivoire, avez faites au départ. Vous dites
demain, ? nous allons à Bouaké ? ; mais les gens ne dorment pas et ils vous
attendent de pieds-fermes. Je voudrais vous dire que ces gens sont
militairement professionnels. Ils savent ce qu'ils veulent puisqu?ils ne
diront jamais le nom du leader tant qu'il n'est pas leader, c?est-à-dire tant
qu?ils ne parviennent pas à leurs fins. Ils sont très bien organisés. Ils
sont en train de mener les Maliens en bateau en disant que leurs compatriotes
sont en train d?être tués à Daloa. Voilà pourquoi aujourd'hui, il y a la
masse de ressortissants maliens, qui rentrent en Côte d?Ivoire. Et il faut
stopper ça.

On a seulement dit que des dozo les ralliaient par centaine à Bouaké?

J'ai vu de mes yeux des vieux comme des jeunes dozo se rallier à eux et même
des vieilles pour se former. Pour convaincre un dioula, c'est très facile. Il
suffit de dire qu'on est en train de tuer les musulmans. Vous savez, on dit
quand tu meurs en guerre, tu pars au paradis et chacun voudrait peut-être
aller au paradis. Ce que nous déplorons aussi, c?est ce flot de voitures qui
traversent actuellement le Burkina pour le territoire ivoirien. Si la
frontière est fermée officiellement, il faut qu'elle le soit effectivement.
En date du 26 octobre dernier à 12h45, nous avons observé 2 gros camions
citernes porteurs de carburant en provenance de Bobodioulasso. Le premier
camion immatriculé 11G3640BF était de couleur verte et le second camion DAF
de couleur blanche immatriculé 10 H 1375 BF. Ils transportaient du carburant
et ont été reçus juste sous le pont de la rivière Laléba par une voiture
Mitsubishi L 200 couleur militaire et pleine de combattants rebelles. Et à
notre départ à 14 heures, nous avons rencontré une Toyota Land Cruiser avec
l?étiquette d?une société, Codan à la portière chauffeur. Il s?est avéré que
la Toyota appartient à un Burkinabé du nom de Koné Bob, technicien qui
partait installer le système de communication-radio UHF de 100 postes dans
toutes les zones de guerre tenues par les rebelles. Et ce Koné Bob est le
frère de Koné Zakaria, un des chefs rebelles à Vavoua.

Qu'est-ce que les rebelles veulent concrètement ?

Le pouvoir. Après le pouvoir, juger tous ceux qui sont au pouvoir. Ils
imputent la mort de Guéi au Premier ministre qui aurait dit que le Général
était au front. Ils disent que les gendarmes sont plutôt partis de chez le
Premier ministre pour aller tuer Guéi alors qu'il était à table. Selon eux,
ils ont des preuves. Les rebelles sont sûrs d?eux et ils ont dressé la liste
de leurs militaires encore infiltrés à Abidjan (NDLR : Il sort une liste de
noms). Aussi, parlant de la légèreté dans le domaine de la sécurité, je peux
vous assurer que l?ancien garde de corps de Balla Kéita est actuellement à
Abidjan où il est rentré avec des papiers burkinabé.

Comment est-ce possible en ces temps où tout doit être surveillé? Est-ce que
vous pensez qu'ils sont aussi forts pour mettre tout le monde à leurs pieds.

La rébellion, c'est une détermination. Vous pouvez avoir tous les avions du
monde et les gens parviennent à vous chasser. Aujourd'hui, les Ivoiriens sont
déterminés, on ne veut pas la guerre en Côte d'Ivoire. Il y a des gens au BF,
si on leur donne des fusil aujourd'hui, ils attaquent les rebelles. Parce
qu'ils en ont marre du problème ivoirien. A Bobo, rien ne marche. J'ai vu des
peuls qui ont fermé leurs boutiques parce que le lotus qui était à 100 F est
passé à 300 F CFA.

Justement, là-bas on en veut aux Ivoiriens ou au président Compaoré?

Les burkinabè en veulent à leur président. Il y a eu des émeutes dernièrement
que des Ivoiriens n'ont pas bien saisi. Il y avait le véhicule de la femme de
Blaise Compaoré qui revenait de Ziniaré où lui-même avait pris place. Et nous
étions à la veille du 15 octobre, jour anniversaire de la mort de Thomas
sankara. Des gens ont laissé ça et ils ont bombardé sa voiture. Ils ne l'ont
pas eu . Et jusqu'à présent on ne sait quels éléments ont fait ça. Il y a
échappé belle. Mais ils ont empêché les journalistes de RFI qui voulaient
voir. Néanmoins, des gens très futés ont pu mettre l?élément sur internet.
Sinon aucun journal n'a eu accès au lieu de ce drame. C?est-à-dire que tout
le monde n?est pas content du soutien de Blaise Compaoré aux rebelles.

Des rumeurs ont parlé de coup d?Etat à Abidjan, quelle a été l?ampleur des
dégâts ?

Il y a eu le lieutenant Kiéré qui a été tué. Un autre agent de la sécurité,
Zambrago, a eu le bras arraché. Vous savez, l'information au Burkina, ce
n?est pas comme chez vous en Côte d?Ivoire où la presse est absolument
indépendante et j?apprécie cela. Chez nous, l?information est d?abord traitée
avant que la presse n?ait accès. Et l?information sur le drame qui a failli
emporter Blaise Compaoré ce 14 octobre à 21h, c'est Abidjan qui l'a relatée
le premier avant que Ouaga ne la reprenne. Il faut aussi que les Ivoiriens
sachent qu?il y a des gens qui sont prêts à régler le compte à Blaise parce
que le problème ivoirien n?arrange pas le Burkinabè. Et ce jour où il a
échappé à l?attentat, les gens visaient son véhicule, une mercedès blindée.
Alors qu?il était dans celui de sa femme qui était déjà passé comme je vous
l?indiquais. C?est un RPG qui a été jeté en dessous du véhicule à 12 km de
Ziniaré, le village du président Compaoré et le véhicule a sauté. La route a
été fermée pendant 2 jours. Aucune source de journal n'a pu rapporter
l'information.

Quelles sont les répercussions de la crise au niveau du Burkina Faso
actuellement ?

Sachez que le Burkina est à genou. Au grand marché par exemple, les
commerçants ont voulu marcher sur la présidence la dernière fois parce qu'ils
prennent tout en Côte d'Ivoire. Blaise a refusé. Les Ghanéens de leur côté ne
pardonnent pas aux Burkinabè la mort de Thomas Sankara. Pour un camion qui
transite là-bas, tu paies deux fois plus cher. Le Togo aussi n'a plus rien
parce que la politique a tué ce pays. Donc, voilà la problème du Burkina Faso
aujourd'hui. Or c'est grave, très grave. Il faut qu'on cherche à résoudre ce
problème. Il y a des gens au Burkina Faso qui sont prêts à attaquer les
positions rebelles pour que leur pays retrouve la paix avec son voisin. Ils
sont prêts à ouvrir une rébellion au Burkina Faso. Seulement, il leur manque
les moyens.

Avez-vous essayé d'explorer l'origine du financement de la rébellion
ivoirienne ?

Les multinationales françaises ont contribué à près de 60% à cette guerre. Il
y a beaucoup de groupes français qui sont dans différents domaines en Côte
d?Ivoire. Les initiatives comme la libéralisation ne font pas forcement
plaisir et dénote de la trop grande indépendance. Les prochains appels
d?offres internationaux que veut lancer la Côte d?Ivoire va mettre la fin au
monopole des multinationales françaises. Pour le colonisateur français, c?est
un ? péché ? des réfondateurs qui doivent trouver les formules, même si leur
intention reste de libéraliser. Il faut éviter de chanter la libéralisation
dans la rue. Comprenez qu?ils ne vont pas vous laisser.Vous voyez donc qu?il
s?agit d?un problème d'intérêt parce que les Français ont de nombreux
intérêts ici. Je crois que les Ivoiriens devraient faire en sorte que même
s?ils ont des choses à dire, qu?ils le fassent de façon responsable et non
dans la rue. Pour revenir au financement, on peut parler de sources
libyennes, des différents lobbies de ceux qui veulent prendre le pouvoir en
Côte d?Ivoire. Enfin, beaucoup de gens ont financé ce coup. Toute chose qui
compromet la paix. C?est cela. Mais je pense que la guerre en Côte d'Ivoire
ne va pas durer. Je croix que la Côte d?Ivoire a les moyens de s?en sortir.
Il suffit de se montrer discret et efficace pour écraser dès maintenant cette
rébellion.

Pourquoi êtes-vous aussi optimiste là où les assaillants eux ne démordent
pas ?

Parce que les revendications des rebelles n'ont aucun fondement. Mais, il
faut les combattre pour qu'ils comprennent qu'il faut déposer les armes.
Vous, vous ne les combattez pas. Vous ne faites que des marches, c?est
certainement bien puisque c?est un soutien à l?Etat. Mais avant les marches,
il faut des actions concrètes. Par exemple, le pont dont je parlais tantôt à
la frontière, qu?attendent les Ivoiriens pour le détruire ? Parce que c?est
là que tout se passe et les entrées sur votre territoire se passe là, votre
malheur aussi. Parce qu?il ne faut pas se leurrer, ces rebelles sont bien
organisés avec des structures efficaces. Par exemple quand Zorro Bi Ballo est
arrivé à Ouaga pour le recrutement des rebelles, il a contacté un certain
Zaré à qui il a dit : ? J'ai 250 000 F CFA à remettre à chacun de ceux qui
sont prêts à aller combattre. Vous prenez une avance de 500 000 de dette
avant de quitter Ouaga ?. Je sais qu'il avait déjà recruté près de 80
personnes. Et j'ai appelé même le ministre de l'Intérieur du Burkina pour
demander ce que sera le sort de ces Burkinabés qui partent s?ils étaient
pris. Il m'a répondu que ce n'était pas son problème".

Quel est au juste le rôle de Zoro Bi Ballo au sein de cette organisation?

Il est le Directeur de la communication chargé aussi des relations
extérieures du MPCI. Je peux vous assurer que Zoro fait partie des maîtres à
penser du MPCI à Ouagadougou. Il a une branche à Paris, une en Belgique, une
autre en Amérique. Ils sont très bien organisés et Zoro coordonne tout et
informe la hiérarchie. Si le coup marchait, il devrait être le ministre de la
Justice.

C'est qui la hiérarchie?

Elle est formée de tout le monde. Vous savez dernièrement, il y a un des
patrons qui est venu de Chine ou de Tawain, le Général Palenfo. Et Zoro Bi
Ballo disait à l'autre que Palenfo devait arriver et qu?il devait qu?il donne
quelques instructions. Et il est arrivé. C'est un truc qui englobe beaucoup
de monde et il faut se garder de trop parler et la Côte d?Ivoire doit savoir
ce qu?elle a à faire si elle veut la paix aujourd?hui. Mais ce que je pense,
c?est que Blaise Compaoré, aujourd'hui, peut mettre fin à la guerre en Côte
d'Ivoire. Quand il parle de xénophobie en Côte d?Ivoire, il fait honte même
si tout le monde sait qu?il a des intérêts avec Alassane Ouattara. Parce que
Compaoré sait que la Côte d?Ivoire n?a jamais été xénophobe.

Parce que vous pensez que Blaise Compaoré est engagé dans cette affaire? Et
pourquoi à votre avis ?

Blaise Compaoré, c'est mon président, il n'est pas directement engagé dans
cette affaire mais il n'est pas non plus très clair. Puis qu?il sait tout ce
qui se passe. S'il n'a pas arrêté cette guerre, c'est parce qu'il sait qu?on
peut passer n'importe où pour prendre le pouvoir. Parce qu'il a toujours dit
aux gens : "Ce Monsieur (NDLR : le Président Laurent Gbagbo), c?est un ami je
le connais mais je ne savais pas qu'il allait traiter les burkinabè comme
ça". Et ce qui rebiffe bien des gens, c?est la politique de l?identification
avec l?ONI. Tant que la Côte d?Ivoire la maintiendra, ce sera difficile.
Parce qu?au fait, il y a beaucoup de gens qui sont arrivés dans votre pays et
qui, deux jours plus tard, étaient Ivoirien sans autre forme de procès. C?est
extraordinaire. Cette nouvelle vision pour de l?ONI va contre eux puisqu?ils
savent qu?ils ne sont pas de vrais Ivoiriens. Ils n?ont pas d?autres intérêts
que de lutter contre l?identification et donc contre ceux qui ont initié
cette politique. En clair, il y a dans le coup les commanditaires et ceux qui
en profitent pour régler des comptes.

Interview réalisée par G. Bertrand KUYO Coll et BIDI Ignace
Soir Info
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